Archive pour avril 2012

Qui contrôle ce que mangent les marocains ?

Lundi 23 avril 2012

De multiples questions se sont posées et continuent à l’être, concernant :
- la qualité de la nourriture consommée par les marocains,
- le degré d’efficacité des contrôles d’hygiène et les produits alimentaires de manière générale au Maroc.

Les citoyens sont convaincus aujourd’hui, qu’ils consomment chaque jour, plus de produits toxiques et plus d’aliments impropres !
Dans les quatre coins du pays, les marocains se sont habitués à voir la viande exposée durant de longues heures sur des étals non frigorifiés, subissant chaleur, humidité, piqûres d’insectes, touchers multiples de la part d’une certaine clientèle…

Qu’elle vire parfois à une couleur bleuâtre, qu’on y trouve occasionnellement des vers, que certains soient intoxiqués en consommant une viande hachée, achetée chez des bouchers ou des vendeurs de sandwichs ambulants…qu’importe, l’adage marocain, ne dit il pas que « ce qui ne tue pas …rend fort » ?

Chez les volaillers, la situation n’est guère plus brillante.
Et si les consommateurs étaient mieux informés sur toutes les magouilles dont usent ces «soi-disant commerçants » afin d’écouler leurs produits gâtés et réaliser des bénéfices rapides, peu d’entre eux continueraient à leur faire confiance…

Le poisson est décongelé sous les puissants rayons du soleil, puis recongelé sommairement par la pose de quelques petits morceaux de glace sur chaque caisse et ainsi de suite jusqu’à sa vente finale…

Dans plusieurs villes et villages, l’abattage clandestin à encore de beaux jours devant lui. Des animaux sont saignés ou égorgés au bord de différents points d’eau (flaques, mares, oueds…), d’une saleté parfois extrême. Ces opérations ont souvent lieu sous les ponts, près des décharges publiques…

Les Autorités, aussi incompréhensible que cela puisse paraître, ne bougent pas le petit doigt, bien que rien de ce qui s’y passe, ne leur échappe ! Tout se sait ! Et pourtant…

Les Services d’Hygiène, sont à ranger aux abonnés absents, leurs fonctionnaires semblent errer sans le moindre but précis, ni la moindre mission sanitaire claire…

Il se peut (qui sait ?) que nos responsables estiment qu’il est mieux pour notre santé, de consommer du poulet avarié, de la viande bleuâtre ou issue de l’abattage clandestin… dans le seul et « noble » but de pouvoir développer des anticorps et s’immuniser ainsi naturellement (bio) contre différentes maladies infectieuses et autres grippes capables de surgir, sans que cela exige de nos décideurs une sortie de devises en importation de vaccins ?!!

Dans les souks populaires, on peut voir également des gâteaux couverts de poussière, de mouches, que des petits enfants consomment avec appétit.
Au bord des routes, des individus crasseux, proposent de l’huile d’olive dans des bidons sales, récupérés parfois dans les décharges publiques, ou vendent du beurre, du petit lait … sans que cela n’inquiète personne, ne serait-ce que pour chercher à connaitre l’origine de ce beurre, de ce petit lait… !!!

De Fnideq (Castillejo pour les initiés) passe quotidiennement des tonnes de produits alimentaires dont une grande partie est périmée. Cette marchandise ou plutôt ce poison, est écoulé au vu et au su de toutes les autorités concernées, dans chaque village et chaque ville du Royaume. Ce trafic très lucratif se trouve entre les mains de mafias spécialisées. Ils ont pour mission de changer les dates de péremptions et d’en assurer l’écoulement dans notre pays …La complicité de certains responsables, parmi ceux qui sont censés surveiller nos frontières est indiscutable.

Des oueds, sont devenus des égouts à ciel ouvert par manque d’éducation, de planification, d’organisation, de sérieux, d’études à propos des conséquences de chaque projet, à long, à moyen et à court terme… Oued N’FIS à Marrakech en est un exemple parmi d’autres. Tout en arrosant maints champs de fruits et légumes, dont la célèbre menthe de Marrakech, cet oued a atteint un seuil de pollution quasi intolérable Et en dépit de cela, aucun responsable, aucun organisme, n’a jugé opportun de prendre les mesures et les décisions nécessaires pour mettre fin, à de telles catastrophes naturelles et à de tels gâchis.

Devant les écoles, des marchands ambulants vendent quotidiennement des « trucs », comestibles semble t-il, à d’innocents enfants qui se les arrachent, sans personne pour opérer le moindre contrôle !

Des associations du genre : « Touche pas à mon enfant », dénoncent l’exploitation sexuelle, la drogue qui guettent nos enfants devant les écoles…, mais personne ne semble encore prêter attention à ce poison qu’on leur sert quotidiennement à manger…sous prétexte de l’éternelle rengaine, que « ce qui ne tue pas …rend fort »

Des sucreries dont les dates de péremption ont été largement dépassées, sont écoulées par des grossistes véreux qui, par des chemins détournés font appel à certains commerçants ambulants…

Sommes-nous les victimes conscientes ou inconscientes, de certains de nos adages bas de gamme et d’une certaine « culture » populaire, qui se résume par cette terrible phrase : « Ce qui ne tue pas… rend fort » ? Cette « culture », cette façon de penser a été exploitée par nos responsables et les a empêché d’assumer la mission qui était initialement la leur. Nous avons été et restons donc l’un des pays où la santé est loin d’être une priorité.

Nous savons tous, que nourrir des populations de plus en plus nombreuses, est devenue une équation difficile à résoudre. Que l’usage des pesticides est de nos jours un choix incontournable si on veut nourrir toute l’humanité. Mais il y a des lois à respecter, des limites à ne pas dépasser et un seuil qu’il ne faudra sous aucun prétexte fouler…

Il est vrai que les marocains ne meurent pas, juste après la consommation de ces produits, d’intoxication alimentaire directe. Mais au Maroc des chiffres des plus alarmants ont vu récemment le jour à propos du Cancer. Chaque année 50 000 nouveaux cas au moins sont diagnostiqués et nos cimetières sont remplis de ces victimes d’un nouveau genre …

Devant des marchands sans scrupules et une clientèle pas du tout exigeante, on ne peut s’attendre qu’au pire. Une complicité affligeante des deux cotés des comptoirs et des étalages pour faire une médiocratie, il faut des médiocres à tous les étages. Nous sommes en face d’un danger réel qui guette la santé des marocains et pourtant personne ne semble se préoccuper, ni du nombre des morts, ni de l’augmentation fulgurante des victimes de cancer, ni de celui du diabète ou des maladies cardiaques… qui s’accroît chaque semaine voire chaque jour.

Ces décès dits « naturels », restent plus que suspects à nos yeux. L’analphabétisme, les traditions et bien d’autres facteurs du même acabit, font qu’une majorité de marocains, considère toute mort comme un signe du Destin, un « Mactoub », une volonté divine …sans nullement chercher à corroborer ses croyances par une preuve scientifique.
Et c’est bien dommage !

Trés belle soirée musicale a la citerne portugaise

Lundi 23 avril 2012

D’après l’adage marocain, une agréable journée est toujours pressentie dés les premières heures de sa matinée. Et effectivement, en franchissant le seuil de la citerne portugaise ce soir là, nous avons été de suite, comme arrachés d’un coup à notre univers dominé par ce Moi Conscient, pour un monde s’apparentant plus au Subconscient.

Il y avait cet étrange sensation d’être, comme happé par la magie des lieux, par ce monument si chargé d’histoire et qui allie à merveille l’envoûtement au mystère, l’irrésistible beauté à la simplicité des traits.
L’éclairage tamisé qui constituait en cette soirée l’unique ornement des lieux était comme fondu dans l’ensemble. On aurait dit des torches éclairant cette citerne lors d’une Agora, il y a des siècles … il y a une éternité.
Cet éclairage, au vu des couleurs musicales proposées ce soir là, ajoutait un charme et une touche supplémentaire si particuliers et qui ont versé, dans cet alchimie voire d’ osmose entre les artistes et le public présent.

LE GROUPE INJAZZ TRIO

En début de soirée pour ne pas parler de lever de rideau ; tant la classe des premiers n’avait rien à envier aux seconds ; le public a eu droit au groupe Injazz Trio. Trois jeunes guitaristes de Casablanca : Yacine le rasta du groupe (contre basse). Rédouane (guitare sèche) un garçon très réservé en privé mais véritable bête sur scène et Rachid, leader du groupe et grand virtuose de la guitare que le grand public ne tardera pas à découvrir.
La musique d’Injazz Trio se particularise par l’absence de percussions et de cuivres .Seules deux guitares et une contre basse suffisent pour imposer le rythme. Ce style s’apparente au Jazz manouche ; un Jazz qui a vu le jour en France vers les années 1930. C’est un style qui est inspiré à sa base par la musique Tzigane orientale..
La musique de ces trois Casablancais se particularise aussi par l’emprunt qu’ils opèrent dans les multiples univers qu’ils côtoient au quotidien.
Leur technique de jeu assez extraordinaire, leur permet d’être aussi à l’aise pour entonner une Balalaïka, à la grande joie des spectateurs présents qui les accompagnait par des applaudissements rythmées , qu’une musique d’Aznavour…sans parler de leur propre répértoire.
Ces trois jeunes nous ont laissé un magnifique souvenir. Ils ont tout l’avenir devant eux et nous les remercions pour la belle évasion qu’ils nous ont offerte ce soir là.

MATHLOUTHI et son groupe

Ce trio tunisien résidant en France est constitué d’Amel Mathlouthi à la guitare sèche et chanteuse du groupe ; Zayd au violon et Imad au Bendir et Derbouka (sorte de Tamtam).
Amel est l’auteur compositeur du groupe. Ils sont adeptes de la chanson engagée. Ils chantent aussi bien sur les droits de la femme ; les droits de l’homme ; l’amour ; la résistance…
Ce qui particularise ce trio c’est d’abord la voix d’Amel. Une voix qui vous donne la chaire de poule et vous pénètre au plus profond de votre corps. Ses qualités vocales assez remarquables, la sincérité de son discours, le style envoûtant voire parfois lyrique adopté, sa manière de « chanter » aussi bien avec son corps que son âme pour exprimer douleur, plaisir…, approfondissent l’envoûtement d’un spectateur dépassé par la beauté de la voix, de la musique, des lieux… Ce fut trop de belles choses pour une seule nuit.
Certains spectateurs ont comparé Amel MATHLOUTHI à Joan BEAZ, d’autres au vu de son corps, de sa voix si pénétrante, de ses gestes, n’ont nullement hésité à la qualifier d’une nouvelle Edith Piaf .Quant à nous, nous avons tout simplement vu en elle, la naissance d’une étoile, d’une grande étoile, du nom de Amel Mathlouti .
Nous nous demandons à ce jour comment une telle artiste, reste encore méconnue du grand public. Jusqu’à maintenant, seul le grand talent d’Amel l’a propulsée, là où elle est. Elle ne fait nullement partie de ce gotha d’artistes imposés au grand public.
Nous ne pouvons nullement parler d’Amel, tout en passant sous silence le professionnalisme et la virtuosité de Zayd au violon. On aurait dit qu’il jouait pour, mais surtout avec le public, comme bon lui semblait. Si Amel voulait donner un ton triste ou rageur à ses paroles, Zayd en arrière plan, préparait le public, comme dans les films. Il l’amenait là ou il voulait ; donnait un instant l’impression de vouloir l’abandonner, pour le récupérer l’instant d’après et l’amener dans un autre univers…j’allais dire sur le tapis volant d’un Fakir, car c’est le seul qui a manqué au décor ce soir là. Un soir digne des mille et une nuits.

Seul bémol et qui reste une simple goutte dans un océan de satisfaction, concerne le volet de l’acoustique, qui a été difficile à maîtriser à 100% par les techniciens, dans un tel lieu. Nous pensons à Yacine (contre basse) d’In jazz qui nous avoua en avoir beaucoup souffert au début, mais que par la suite tout était rentré dans l’ordre.

A propos du livre « El Jadida, Capitale des Doukkala » de Amengual

Lundi 23 avril 2012

Ce livre est venu combler un vide criard. Le gouverneur Mr Mouâd Jamii l’a voulu. L’OCP l’a parrainé à hauteur de 600.000 DH et Michel Amengual nous a sorti un chef d’œuvre, que sa Majesté Mohammed VI a lu, apprécié et chose très rare, en a écrit une lettre de félicitation à son auteur.

Le 10 décembre, jour de sa présentation et signature au Mazagan Beach Resort, ce livre tiré à 2000 exemplaires, a été presqu’arraché à 600 DH l’unité. Aujourd’hui ce livre que certains ont vite qualifié d’hors de portée est déjà introuvable sur le marché. La somme récoltée ira à des œuvres caritatives.

Ce livre a nécessité des mois de recherche, de stress, d’investigation… Michel Amengual s’est démené sans compter. Il avait là une occasion, non pas pour s’enrichir mais pour faire un geste envers cette ville qui l’a adopté et qu’il aime tant.

« Au départ, il y a un constat, on ne retrouve pas grand chose sur El Jadida au point de vue touristique, si vous allez dans l’échoppe de la cité portugaise ou ailleurs, vous trouverez des petites brochures qui ne reflètent pas l’ensemble de la vie à El Jadida ou dans les Doukkalas. Il fallait alors compenser cela, on a tout sur Marrakech, sur les villes impériales, où l’on retrouve plutôt la partie touristique ou historique, dans ce livre j’ai voulu faire quelque chose de différent pour donner la possibilité à tous ceux qui s’installent ou qui passent, marocains ou étrangers, jeunes ou vieux, qu’il puissent savoir autre chose que ce que c’est la cité portugaise et ainsi savoir tout sur la région des Doukkala. »

Rappelons qu’à la fin du livre, Michel Amengual remercie trois journalistes jdidis « dont les articles m’ont été précieux » dit-il. Il s’agit de l’ Haj Abdelmajid Nejdi, Mohamed Ramdani et Abdellah Hanbali.

SOS: un théâtre en péril

Samedi 21 avril 2012

El Jadida : Ö que notre satisfaction fut grande, lorsque nous avons entendu parler du prochain lifting de notre théâtre municipal, longtemps laissé à l’abandon ! Mais bien malheureusement, cette joie fut de courte durée. Et pour cause, l’équipe qui aura, encore cette fois-ci, pour tâche la rénovation du théâtre, va travailler sous la houlette du même « fonctionnaire de l’Etat », qui a tout bousillé la fois précédente.

Ce théâtre au style Italien, s’enorgueillissait de la meilleure acoustique d’Afrique du Nord. Du fond de la salle, on pouvait entendre une allumette craquer sur scène. Bien entendu, cette œuvre d’art n’était pas le fruit du hasard. Mais le résultat d’un excellent travail. Accompli par des artistes professionnels. Lors de la précédente rénovation , l’acoustique a été tout simplement bousillée par incompétence : – Destruction du couloir se trouvant à l’entrée du théâtre et qui servait d’isolation thermique et phonique entre la salle et le brouhaha émanant de l’extérieur. -Destruction du muret à l’entrée de la salle et qui y jouait un rôle prépondérant. – Dans le revêtement des murs : on utilisait des briques dont le positionnement obéissait à un rituel strict.

Ces dernières étaient couvertes uniquement de chou et de sable et d’une toile acoustique. Au final, un carrelage (importé) aussi fin que la coque d’un œuf (on aurait dit du plastique), couvrait le tout. Le revêtement du sol et le choix des sièges, obéissent aussi à des critères particuliers. Tout cela fut remplacé par du « Martoub » et un vulgaire carrelage. – Sonorisation actuelle défectueuse. – L’éclairage ressemble à celui d’un vulgaire salon de thé. Il faut un éclairage d’animation et un éclairage théâtral digne. – La perche doit être remplacée par un système électrique, inexistant à l’époque, mais disponible aujourd’hui.

Il faut savoir travailler intelligemment et ne profiter de la nouvelle technologie que là ou il faut et quand il le faut. – Les motifs décoratifs actuels sont inadéquats avec ceux d’un théâtre.

Plusieurs Mazaganais sont toujours en possession des plans de ce théâtre. Il suffit juste d’en faire le vœu pour l’avoir. Une commission d’anciens artistes et de personnes initiées dans le domaine doit travailler, à notre avis, en étroite collaboration avec la commission technique. Bonne nouvelle : nous venons d’apprendre que Mme Karima Afifi, veuve de l’ex directeur Artistique et Administratif du théâtre Mr Mohamed Afifi, mort il y a presque un an (06 septembre 2010), est entrée en contact avec les comédiens jdidis « Labreija Ibdae » dont la majorité a travaillé aux côtés de Feu Afifi. En effet, ce dernier avait laissé une pièce de théâtre fin prête. Même les costumes pour la jouer sont disponibles. Mme Karima vient de choisir la troupe Jdidie, en la personne de Haj Abdelmajid Nejdi, pour la jouer et pour honorer la mémoire de son défunt mari. – la troupe Jdidie rendra hommage au feu Afifi le 6/09/2011 à 19H en présence de sa femme, Mohammed Darham et Mohammed Ben Brahim.

El Jadida: Qu’est devenu le centre culturel

Samedi 21 avril 2012

didaIl était censé pallier au vide culturel criant dont souffre notre ville, ainsi qu’au vide et au désœuvrement dont souffre particulièrement notre jeunesse. On l’a attendu pendant des décennies et à chaque fois nos honorables élus annonçaient que l’ouverture était imminente. Les jours et les années passaient, les mêmes promesses s’étiolaient, mais persistaient (faute de pouvoir offrir mieux), et la jeunesse sombrait de plus en plus dans la délinquance et le désœuvrement.

L’attente dure et perdure et un jour, sans trop savoir ni pourquoi ni comment, notre Conseil Communal décida de tout léguer à. l’ENCG (Ecole Nationale de Commerce et de Gestion).

Un projet de plus où des milliards de centimes ont été dépensés, sans apparemment d’études préalables. Des milliards appartenant à d’honnêtes travailleurs : les forces vives de notre cité et de notre société. Des citoyens qui pendant des années, croyaient financer le centre culturel dont leur cité manquait et qui après toute cette attente se retrouvent avec cet institut à la place !

- Encore heureux qu’on arrive à sauver la face et à ce que cet édifice serve au moins à quelque chose. Mais qu’a gagné monsieur tout le monde qui croyait jusqu’au bout avoir financé un centre culturel ?
- Est-il normal que dans la majorité de nos villes, les seuls centres culturels existants soient Français, Espagnols ou Américains et jamais Arabes ?
- Quelle culture aurons-nous dans vingt ou trente ans ?
- Qu’est ce qui a été réalisé, depuis l’indépendance, pour notre ville et pour ses habitants à part une dilapidation inconsciente et à outrance de l’argent du contribuable ?
- Devons-nous continuer à payer éternellement des impôts, et à verser un argent durement gagné, devant ce sort qui nous est réservé ?
- La cour des comptes a-t-elle bien fouillé ce dossier lors de sa visite en 2008 ?
- Tous ces projets bidons, sans buts précis, sans études préalables, sans queue ni tête … ne sont ils pas, qu’un simple prétexte, de la poudre aux yeux, pour puiser à volonté dans les caisses de l’Etat ?
- Comment peut-on s’engager dans des projets presque pharaoniques (au vu du budget limité de la ville), comment peut-on dilapider jusqu’au dernier sou toutes les sommes qui leurs sont dédiées, et disparaître ensuite en nous laissant des ébauches au lieu de projets finis ?

Ces dirigeants qui gèrent les affaires publiques avec une telle médiocrité voire malhonnêteté, sans jamais être inquiétés, ont mille fois raisons d’appeler ce morceau du globe … Le plus beau pays du monde !!!

Révolu le temps de « sidi saleh lahmi maleh »?

Samedi 21 avril 2012

Révolu, le temps de « Aammi Saleh, Lahmi Maleh… » ?
Nos abeilles sous la menace des pesticides et des insecticides.

Les abeilles subissent une véritable hécatombe. Elles meurent de plus en plus et à une cadence anormale. Un apiculteur perd chaque année environ le tiers de ses ruches.

Imaginons un seul instant, chaque éleveur perdant annuellement le tiers de son cheptel… ?

Mais ce qui est plus étonnant encore, c’est que les services concernés n’ont pas encore jugé bon de tirer la sonnette d’alarme. Même son de cloche du coté de notre ministère. C’est la politique de : Circulez, il n’y a rien à voir.

Enfant, je me rappelle encore ces essaims d’abeilles (des centaines voire des milliers) bourdonnant autour de « chebbakia » pendant les périodes du Ramadan. On avait parfois du mal à discerner le vendeur, tellement elles foisonnaient, au point d’en faire écran. Pour nous approcher et faire nos courses sans risque d’être piqués, on n’arrêtait pas de répéter, comme une sorte de verset coranique, de sésame ou de pacte de bon voisinage avec les abeilles : « Aammi saleh, lahmi maleh…. » !!!

Aujourd’hui, tout ceci n’est plus qu’un lointain souvenir. Quand je me surprends parfois entrain de raconter ces histoires à mes enfants, je remarque qu’ils ont du mal à se représenter ces tableaux… ces belles toiles. Tant d’abeilles : Foisonnant, faisant écran… ne peuvent être pour eux qu’une farce, une illusion… une histoire de plus, imaginée par leur papa, pour les distraire.

Cette incompréhension, est la preuve irréfutable, qu’entre mon enfance et le leur, les abeilles ont disparu à une vitesse éclaire. Personne ne semble avoir vu venir la catastrophe.

Et pourtant, sans ces abeilles, notre table ne sera plus jamais la même. : Plus de miel (ça va de soi), plus de café, plus de fruits, sans oublier 80% des plantes à fleurs, pour qui les abeilles sont vectrices de pollen… Il restera quelque chose comme du riz, de la pomme de terre … pour ne pas dire pas grand-chose à manger sur nos tables !

Alors à quoi est due cette hécatombe ?

D’après les premières hypothèses, il y aurait d’abord les accidents naturels, mais aussi et surtout l’usage abusif des pesticides et insecticides. A cause de ces derniers, les abeilles vivent aujourd’hui dans une sorte de « désert vert ». En butinant sur des champs traités, les abeilles s’exposent au risque de voir leur système nerveux central s’affecter, suivi d’une mort presque immédiate.
Certains pays d’Europe ont fini par interdire l’utilisation des pesticides en plein jour, quand les abeilles sont dehors et butinent. Mais cela ne se fait pas sans mal, car les agriculteurs, ne trouvant pas leur compte dans cette « rétorsion », font de la résistance.

Une hypothèse n’est pas une preuve scientifique irréfutable et par extension, tout mettre sur le dos des pesticides en les pointant comme unique cause serait vite allé en besogne..

Cette situation de statu quo, n’arrange pas les affaires des défenseurs de l’environnement et surtout pas celle… des abeilles. Et c’est pourquoi, l’Angleterre vient d’investir dernièrement 12 millions d’euros dans la recherche scientifique. Cela permettra d’une part de percer le mystère derrière cette surmortalité des abeilles et surtout de couper court à toutes les spéculations et surenchères.

Tout ceci nous amène aux questions suivantes :
- Combien d’apiculteurs au Maroc, sont au courant de ce qui se fait ailleurs pour sauver les abeilles (leurs abeilles) d’une disparition totale ?
- Combien parmi nos « techniciens »spécialisés en agriculture au Maroc, en savent quelque chose à ce propos ?
- Au cas contraire, comment peut-on justifier ce mutisme devant cette situation des plus préoccupantes ?

Si nous avons jugé opportun de tirer cette sonnette d’alarme aujourd’hui, c’est pour que nos enfants, nos petits enfants… puissent continuer à chanter après nous, ce sésame magique, ce « pacte de bon voisinage » : « Sidi Saleh Lehmi Maleh… ». Un monde où ceux qui sont enfants aujourd’hui, sauront sauvegarder paix et équilibre de leur écosystème, mieux que leurs parents n’ont réussi à le faire .

Amen.

Halima DOUA: Hymne à la nature

Samedi 21 avril 2012

Par le pinceau créatif de Halima DOUA
L’artiste ingénieure et l’ingénieuse artiste

En voulant joindre l’utile à l’agréable, cet agréable s’est révélé être un mielleux piège qui s’est vite empressé de l’engloutir, de la happer et d’ébranler son Moi initial au point de devenir son ballon d’oxygène : Aussi utile que son travail…voire vital.

Deux responsabilités, qui n’ont à aucun moment constitué un quelconque découragement ou handicap pour notre artiste-peintre. D’abord, au vu de l’étroit lien qui existe entre la nature de son travail et le genre de ses toiles. Ensuite, au vu des relations profondes qui ont toujours existé, jusqu’à une certaine mesure, entre la dichotomie vie / œuvre, de l’artiste.

Vue sous cette optique, cette complémentarité susmentionnée est ce qui permet au peintre de retrouver toute la marge de liberté dont il a besoin pour s’exprimer et extérioriser un Moi profond, voilé, gardé volontairement ou involontairement secret, et qu’il a de la peine parfois à communiquer à autrui autrement qu’a travers l’art…

Ingénieure d’Etat généticien, Halima DOUA pour ne pas la nommer a fait ses études à l’Institut Agronomique Vétérinaire Hassan II. Depuis son très jeune âge, notre artiste passait ses loisirs à peindre…Nature morte, paysages ruraux ou citadins, portraits …et porte comme cachet particulier, cette grande mise en valeur, de notre patrimoine et de notre héritage traditionnel.
Cependant, entre ce qui n’était qu’un hobby hier et cette subtilité fascinante aujourd’hui qui émane d’une superposition des couches de peinture les unes sur les autres ; cet animation des couleurs, cette précision du geste, cette force… sont quelques caractéristiques de ses toiles, qui témoignent si besoin est, du long et périlleux chemin que Halima DOUA a du parcourir : « La quête de la perfection est la chose qui me stimule et me donne le punch nécessaire pour continuer.

Et pour que je puisse maitriser une lumière, une forme, un fond, une multitude de couleurs, et faire en sorte qu’elles paraissent en grande harmonie entre elles, une connaissance approfondie en la matière est nécessaire… elle s’impose.

Le progrès de tout artiste, dépend de sa grande capacité de travailler et de sa patience (passion), seuls atouts capables de lui donner cette envie de reprendre une même chose, plusieurs fois de suite, sans jamais se lasser ni se décourager, jusqu’à ce qu’il aboutisse aux résultats escomptés. Chaque détail compte sur une toile, chaque maillon revêt toute son importance. »
Et c’est là qu’on comprend pourquoi Halima DOUA dépose toute sa sensibilité et son égard naturel sur une toile, effectuant par là un véritable et consciencieux travail de fourmi.

Et, telle une cigale, elle choisit d’hiberner automne comme hiver, pour ne réapparaître qu’aux premiers signes du printemps, quand la nature chante, danse et fait la fête ;quand les couleurs fraichement nées la baignent de son voile arc-en-ciel ; quand tout n’est que délire de couleurs, densité des paysages, force des teintes, métamorphose, extase, apothéose, bouillonnement, feux d’artifice…C’est le moment de prédilection et le moment propice que choisit DOUA pour s’animer, s’activer…et puis d’un geste allègre, où son humeur frétille de joie de vivre, elle s’empresse avec adresse, de reproduire cette lumière magique ; ce reflet aux mille et une couleurs. Et si la couleur noire reste bannie de ses tableaux, c’est loin d’être une simple coïncidence. Halima évite soigneusement cette couleur synonyme de deuil…Elle n’a tout simplement pas de place dans une nature si jeune, si vigoureuse et si pleine de vitalité.

Par ses tableaux grand-format et sa peinture d’huile qui ont de loin sa préférence, elle est en quête de clarté et de lumière, seules capables à ses yeux de permettre un certain degré d’errance (brin de démence ?) entre le Moi conscient et le Moi subconscient.

Cette lumière et cette clarté tant recherchées sont là pour être vues. Elles permettent de focaliser l’attention sur les traits, les couleurs et l’harmonie générale de la toile plutôt que sur les contrastes.

Et Grâce à ce jeu entre ombre et lumière, entre maitrise et maestria à même de faire « parler ses toiles » : la vie, l’émotion et ce Moi qu’on a tant envie d’échanger, de partager, d’extérioriser… éclatent tels des feux d’artifice, libres de leurs mouvements, fiers de leur beauté, ivres de bonheur… à la conquête de l’autre… à la conquête de l’univers.

Pour voir le vernissage de Halima DOUA, il faudra retenir précieusement sur son agenda le mois de mars, à la galerie B.ZAHIDI d’El Jadida.

La saison préférée de notre abeille. Un énième hymne à la nature, loin de déplaire, en tous les cas, à notre Doukkalia, vivant et travaillant à Rabat..
Halima DOUA: Hymne à la nature halima10-150x150

Abdelghni MOUNDIB: La religion et la societé

Samedi 21 avril 2012

Le vendredi 23 avril, une rencontre a été organisée à la cité portugaise avec l’écrivain et sociologue Abdelghani Moundib, une occasion pour ce professeur de sociologie à l’université Mohamed V de Rabat de présenter son dernier ouvrage à son public jdidi : « La religion et la société ».

Dès le début, le ton est donné. Des questions cruciales sont posées.
–Que doit-on penser d’un milieu social donné, si l’être qui y vit a du mal à s’y reconnaître et à s’y identifier ?
Que doit-on penser d’un livre, si celui qui le lit n’y ressent pas qu’il s’intéresse à son univers et aux questions qu’il se pose au quotidien ?
De l’avis de Gaston Bachelard philosophe et épistémologue français à ce propos : « La pensée crée la science, mais c’est la science qui fait évoluer la pensée… ».

La Religion et la Société est un livre qui met donc l’accent sur les disparités religieuses entre des pays régis pourtant par les mêmes croyances confessionnelles : L’Islam.
Prenons quelques exemples :
-L’Arabie Saoudite interdit la conduite de toutes sortes d’engins aux femmes. Au Maroc cela ne pose aucun problème !
- La mixité dans les écoles est inexistante dans certains pays, mais affaire courante dans d’autres.
-Des femmes sont condamnées à mort en Iran, en Afghanistan pour adultère…alors qu’un tel verdict relève de la barbarie dans d’autres.
-Au nom de l’Islam, on observe dans certains pays, une interdiction à tout homme d’exercer la gynécologie et à toute femme celle d’urologie, en dépit des vies qui peuvent être danger.

Pour expliquer ce genre de contradictions, Michel Foucault philosophe et épistémologue Français fait remarquer que : « Le désaccord réside dans l’interprétation des textes et non dans les textes eux mêmes ». Quant à Averroès, le philosophe arabe qui a interprété la métaphysique d’Aristote à la lumière du Coran, il a affirmé que : « Quand il y a désaccord entre la raison et les croyances, c’est la voie de la raison qu’il faut suivre, parce qu’elle est la plus proche de la réalité et donc la plus logique. »

A la lumière de tous ces raisonnements, il devient donc légitime à nous de se poser certaines questions pertinentes :
Prenons le cas de l’Imam Malek : Certes ses travaux et ses recherches ont du être remarquables à une certaine époque. Mais cette voie qu’il a prônée et qui était certainement adaptée à son époque, l’est-elle encore pour nous en ce début du 21ème siècle ?
-Peut-on encore y trouver les réponses adéquates à nos questions quotidiennes ?
- Comment continuer à nous s’inspirer de doctrines séculaires, quand le monde autour de nous évolue et change à toute vitesse et que celui qui ne suit pas…régresse.

Les arabes ne font aujourd’hui que consommer. Tout le contraire d’un occident qui fait des recherches, expérimente, progresse, pour finir grâce à ce procédé naturel par inventer. L’audio-visuel en ce sens, est un exemple parmi d’autres.

Nous avons aussi délaissé la lecture qui devait rester un reflexe, une sorte de seconde nature, dans le but de développer et d’aiguiser un certain sens critique.

La sociologie doit réoccuper la place qui était sienne depuis toujours au sein de notre société. On doit être capables de donner naissance à des Durkheim, des Levis Strauss, des Malinovski… de chez nous, capables de trouver des explications à nos propres maux et au sein de notre propre société.

86 Photographes à l’assaut de la Cité Portugaise

Samedi 21 avril 2012

86 Photographes à l'assaut de la Cité Portugaise image-article-4354-300x200L’Art de la photographie est considéré comme un point d’intersection où convergent tous les langages visuels. En d’autres termes il représente, à lui seul, toutes les formes d’expression se trouvant dans les autres arts visuels. Une position à même de permettre diverses possibilités d’écrire et de décrire le quotidien.

Grâce au forum Maroc Photo (www.maroc-photo.net), en partenariat avec le site Eljadida.com, 86 photographes venant des villes de Casablanca, Rabat, Agadir, Marrakech, Tanger, Meknès, Essaouira et même de France ce sont donnés rendez-vous à la Galerie Chaibia Tallal (Cité portugaise), mise à leur disposition par la direction de la culture de la ville d’El Jadida, et ce le 26/02/2012.

Après un briefing, sous forme de cours théorique sur la photographie et des monuments historiques environnants, une configuration s’organisa composée de 8 groupes de 10 personnes chacun, se dispersèrent en quête de la photo de leur rêve… la photo dite parfaite.

86 photographes pour lesquels chaque élément et chaque étape revêt son importance : il y a les prises instantanées d’une même journée, heure ou minute et qui ne se répètent pas ; l’angle de la prise de vue, la pose, le(s) sujet()s photographié(s), la quantité de la lumière recherchée, le cadrage ; la conception propre à chaque photographe derrière son viseur, sa façon de réaliser sa prise de vue… Et là, la notion de différence est clairement illustrée. Le même sujet est photographié par différents photographes, dans un même laps de temps, et qui donne au final des séquences photographiques différentes.

86 Chasseurs d’images invétérés, s’aventurant à l’intérieur de cette cité, afin d’immortaliser soit ces paysages superbes qui s’offrent aux différents regards surfant sur le bleu des vagues, au rythme des barques accrochées telles des notes de musique, sur des portées d’écume blanche, soit ces remparts témoignages d’Agoras lointaines et de combats acharnés qu’on ne peut s’empêcher d’imaginer.

86 photographes qui ont été totalement sous le charme de notre cité portugaise qui souriait, ornée de mille fleurs en cette matinée, rafraîchissant la vue et émerveillant les balades de nos hôtes.

Charmés par tant de beauté, les yeux sensibles de nos photographes essayèrent de transmettre fidèlement l’objet de leur séduction, en mémorisant des clichés riches en couleurs douces et délicates…

Des beautés naturelles qui nous semblent si familières et, pourtant, vis-à-vis desquelles nous ne prenons pas assez de temps, pour marquer une pause et les admirer à leur juste valeur. Des photos qui nous laissent cette impression de devoir réapprendre à regarder les choses différemment dans le futur et surtout à y consacrer le temps nécessaire pour vivre totalement de tels plaisirs.

Assurément, une certaine magie semble avoir opéré tout au long de cette rencontre organisée par Eljadida.com et le forum Maroc Photo. Une journée où chacun des photographes participants, s’est exprimé avec sa sensibilité, son attention, son questionnement, son émotion et son talent.
Les clichés qu’ils livrent à notre regard en fin de compte, nous troublent, nous enchantent et nous rassurent. L’expérience de chacun, converge vers la sauvegarde de notre trésor patrimonial.

L’imaginaire de l’artiste photographe peut voir ce que d’autres n’arrivent pas à percevoir. Il peut nous aider donc à transformer notre regard, à revisiter nos façons de penser et à rêver la vie autrement.

Cette rencontre est le fruit d’un certain besoin à réaliser une idée et, surtout, à concrétiser photographiquement une discussion, entre le forum Maroc Photo et le site El Jadida.com de notre ami, Dris Lebbat auquel nous avons posé cette question à la fin de la journée : c’est quoi la photo parfaite pour toi ?
« C’est comme un mirage, nous dit-il, elle n’existe pas. Ceci explique parfaitement la recherche incessante chez les photographes de cette photo parfaite. Elle est dans leurs inconscients. Elle est cherchée et prospectée, partout et avec tous les moyens techniques et logistiques possibles. Il arrive qu’un photographe atteigne des instantanés parfaitement photographiés, mais la photo parfaite reste manquante dans chaque récolte photographique.
Le photographe peut avoir de meilleures photos : suite à sa persévérance, à son audace, aux circonstances de la capture de ses photos… Après il dénombre ses préférées parmi ses meilleures prises. Mais la photo parfaite reste dans son subconscient. Elle est à programmer pour ses aventures futures ».

Pour finir, rappelons que parmi les 86 photographes, 08 sont jdidis. Encadrés par des photographes professionnels de mode et d’artistes photographes, ils ne manqueront certainement pas d’acquérir plus d’expérience et de maitrise des diverses techniques de la photographie.