Abdelghni MOUNDIB: La religion et la societé

Le vendredi 23 avril, une rencontre a été organisée à la cité portugaise avec l’écrivain et sociologue Abdelghani Moundib, une occasion pour ce professeur de sociologie à l’université Mohamed V de Rabat de présenter son dernier ouvrage à son public jdidi : « La religion et la société ».

Dès le début, le ton est donné. Des questions cruciales sont posées.
–Que doit-on penser d’un milieu social donné, si l’être qui y vit a du mal à s’y reconnaître et à s’y identifier ?
Que doit-on penser d’un livre, si celui qui le lit n’y ressent pas qu’il s’intéresse à son univers et aux questions qu’il se pose au quotidien ?
De l’avis de Gaston Bachelard philosophe et épistémologue français à ce propos : « La pensée crée la science, mais c’est la science qui fait évoluer la pensée… ».

La Religion et la Société est un livre qui met donc l’accent sur les disparités religieuses entre des pays régis pourtant par les mêmes croyances confessionnelles : L’Islam.
Prenons quelques exemples :
-L’Arabie Saoudite interdit la conduite de toutes sortes d’engins aux femmes. Au Maroc cela ne pose aucun problème !
- La mixité dans les écoles est inexistante dans certains pays, mais affaire courante dans d’autres.
-Des femmes sont condamnées à mort en Iran, en Afghanistan pour adultère…alors qu’un tel verdict relève de la barbarie dans d’autres.
-Au nom de l’Islam, on observe dans certains pays, une interdiction à tout homme d’exercer la gynécologie et à toute femme celle d’urologie, en dépit des vies qui peuvent être danger.

Pour expliquer ce genre de contradictions, Michel Foucault philosophe et épistémologue Français fait remarquer que : « Le désaccord réside dans l’interprétation des textes et non dans les textes eux mêmes ». Quant à Averroès, le philosophe arabe qui a interprété la métaphysique d’Aristote à la lumière du Coran, il a affirmé que : « Quand il y a désaccord entre la raison et les croyances, c’est la voie de la raison qu’il faut suivre, parce qu’elle est la plus proche de la réalité et donc la plus logique. »

A la lumière de tous ces raisonnements, il devient donc légitime à nous de se poser certaines questions pertinentes :
Prenons le cas de l’Imam Malek : Certes ses travaux et ses recherches ont du être remarquables à une certaine époque. Mais cette voie qu’il a prônée et qui était certainement adaptée à son époque, l’est-elle encore pour nous en ce début du 21ème siècle ?
-Peut-on encore y trouver les réponses adéquates à nos questions quotidiennes ?
- Comment continuer à nous s’inspirer de doctrines séculaires, quand le monde autour de nous évolue et change à toute vitesse et que celui qui ne suit pas…régresse.

Les arabes ne font aujourd’hui que consommer. Tout le contraire d’un occident qui fait des recherches, expérimente, progresse, pour finir grâce à ce procédé naturel par inventer. L’audio-visuel en ce sens, est un exemple parmi d’autres.

Nous avons aussi délaissé la lecture qui devait rester un reflexe, une sorte de seconde nature, dans le but de développer et d’aiguiser un certain sens critique.

La sociologie doit réoccuper la place qui était sienne depuis toujours au sein de notre société. On doit être capables de donner naissance à des Durkheim, des Levis Strauss, des Malinovski… de chez nous, capables de trouver des explications à nos propres maux et au sein de notre propre société.

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